Quand on parle de “partager le gâteau”, on ne parle pas de justice sociale, encore moins de développement collectif. Non. On parle de se partager un butin. Comme si l’État n’était qu’une prise de guerre, un coffre-fort qu’on ouvre après un braquage réussi. Comme si les nominations, les fonctions, les marchés publics, les budgets… n’étaient que des récompenses personnelles. Une affaire de clans. Une affaire de deals.
Mais il faut le dire clairement : le seul partage légitime, c’est celui qui se traduit en écoles ouvertes, en hôpitaux qui fonctionnent, en routes praticables, en services publics accessibles à tous. C’est ça, le vrai gâteau. Et celui-là, on ne le partage pas entre individus, on l’offre au peuple.
Or, dans ce fameux “partage”, 1 Gabonais sur 3 n’est même pas concerné. Oui, 1 sur 3 est pauvre. Et parmi les deux autres, il y en a au moins un qui vit chaque jour avec la corde au cou, tirant le diable par la queue, tout en ayant la tête sous l’eau. Ces gens-là, nos gens, savent-ils seulement qu’il y a un gâteau à partager ? Non. Ils ne sont pas à table. Ils sont trop occupés à se demander ce qu’ils vont manger ce soir.
Et c’est bien ça, le comble.